Randonnée à ski des 10-11 et 12 mai 2008
Photos Claude Robert
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Participants : Nacera Balanche - Pascal Schneider - Christophe Brossard - Florian Taillard
Olivier Viret - Vincent Robert - Claude Robert
1ER JOUR: LE GROSSFIESCHERHORN (4'049 M)
Le réveil sonne, les paupières ont de la peine à se soulever. Pas de doute, l'éveil est matinal: 3 heures. Seul remède à l'envie de se retourner et de replonger dans les bras de Morphée, la méthode Coué: la montagne est belle, la montagne est belle (etc. à répéter une dizaine de fois). Le temps de boucler le sac, de prendre skis et batons, de rejoindre les camarades au point de rendez-vous, de compacter une femme, cinq hommes et les bagages dans deux voitures et nous partons pour Interlaken, sans oublier de récupérer un vaudois d'adoption en route. Le premier défi est réussi avec brio par les chauffeurs qui sont restés éveillés durant tout le trajet et nous ont déposés à deux pas de la gare. On quitte le superflus pour s'équiper grossièrement et monter dans le train direction Lauterbrunnen, Kleine Scheidegg et le Jungfraujoch. Au fur et à mesure de notre ascension en direction du "Top of Europe" les wagons se remplissent de randonneurs avides de neige et de grands espaces. Pas de doute, l'accès à la montagne se mérite, mais la délivrance n'en est que plus belle. L'échauffement effectué à la recherche de la lumière du jour à travers un dédale de boyaux sonne le glas de la promiscuité. 8h45, skis aux pieds, nous nous élançons plein d'enthousiasme en direction du Mönchjoch. La foule de nos semblables s'évanouit progressivement dans la nature. Une petite pause nous permet de nous sustenter en profitant du panorama. Nacera se voit offrir le café qu'elle cherche frénétiquement depuis 3 bonnes heures. Elle se croyait sauvée en voyant les nombreux restaurants du Jungfrauhoch, mais elle a dû déchanter devant l'inflexibilité des organisateurs.
La course se poursuit par une agréable descente sur l'Ewigschneefeld jusqu'au pied de l'Hinterfiescherhorn. A 10 h, d'un pas cadensé, nous abordons la montée vers le col. Une heure vingt plus tard, la pente se redresse encore, nous fixons les skis sur le sac pour gravir les 200 derniers mètres de dénivellé et atteignons le col en slalomant entre les montagnards venant en sens inverse. Du col, crampons aux pieds, 5 mordus rejoignent le Grossfiescherhorn 100 m plus haut. Quel bonheur d'apprécier le panorama alentours. Tout les efforts et les sacrifices sont oubliés, le lit douillet ne génère plus le moindre regret.
Le vent rafraîchit les organismes et ne nous laisse par le loisir de flâner, que se soit au sommet ou au col. En contournant les séracs du Walliser Fiescherfirn, nous atteignons la cabane Finsteraahrhorn, non sans avoir avalé son raidillon final. Il est 14 h 30. Une bière bien fraîche, suivi d'un petit niquet sont les bienvenus pour nous requinquer. La vue est imprenable depuis la terrasse, le Wannenhorn nous domine, dévoilant son flanc majestueux dans l'unique but de nous séduire. Le combat est inégal, les victimes consentantes. C'est promis, demain à l'aube nous partirons à sa conquête. En attendant, quelques heures de sommeil réparateur sont les bienvenues.
2E JOUR: LE WANNENHORN (3'906 M)
Réveil 04.00h, petit moment pénible pour s'extirper des duvets. Rapidement toute l'équipe se retrouve autour de la table pour le petit déjeuner mis à part Christophe et Florian qui s'en retourne aujourd'hui directement dans la vallée de Conches. Tout le monde prépare ses affaires pour se retrouver sur le glacier au-dessous de la cabane. Bizarre !
il manque Olivier, ce n'est vraiment pas dans ces habitudes que d'être à la traîne. Nous voyons tout de même une lumière se diriger vers nous, c'est bien lui !
énervé de n'avoir pu remplir son thermos de thé pour la journée. Le self-service a ses avantages mais également ses inconvénients avec des personnes qui exagèrent. Tant pis nous partagerons le précieux liquide.
La légère descente du glacier s'effectue à l'aide des lampes frontales sans aucuns soucis pour nous retrouver au pied des premières pentes. Un bon rythme est trouvé et rapidement nous prenons de l'altitude. Après une bonne heure de montée, le jour se lève et les premiers rayons du soleil illuminent les sommets et ce moment a toujours un effet magique. Durant la montée nous effectuons deux petites pauses et avons tout le loisir d'admirer le paysage et également de repérer les belles pentes pour la descente. La cohésion du groupe est excellente et après quatre heures trente d'effort nous parvenons au sommet du Gross Wannenhorn. Les conditions de visibilité sont parfaites et nous pouvons admirer l'ensemble du paysage de cette magnifique région alpine tout en reprenant des forces.
Nous attaquons la descente sur le col dans des conditions de neige changeantes. Depuis le col nous prenons l'option de quitter la trace de montée et de gagner des pentes plus au sud. Pour ce faire nous devons passer rapidement sous une barre de séracs et trouvons là de la poudreuse sans aucune trace. Après avoir cherché notre chemin entre les crevasses nous nous retrouvons au bas de la descente. Au vu de l'horaire réalisé, nous décidons de remonter en direction du Wyssnolen. D'abord rapide, la montée devient pénible car le soleil tape fort et par instant nous nous trouvons dans un véritable four.. Nous parvenons à la cote 3293 m et décidons de redescendre par de très belles pentes sur le glacier pour rejoindre la cabane Finsterrarhorn. Sur la terrasse nous craquons pour une grande bière accompagnée d'une platée de rösti aux lards avec des ufs
. de quoi terminer la journée par une sieste bien méritée. En résumé une journée superbe qui restera ancrée dans nos mémoires.
3E JOUR: LE GALMIHORN (3'517 M)
Réveil 04.00h, par habitude, l'équipe est rapidement prête au départ, thermos remplis ! Le temps est couvert et des nappes de brouillard s'accrochent aux reliefs. Nous descendons le glacier en direction du sud pour rejoindre la jonction avec le glacier Galmigletscher. La remontée du glacier s'effectuant dans la purée, nous devons sortir la carte et le GPS pour suivre l'itinéraire, mais des éclaircies commencent à pointer et la fin de l'ascension se termine avec un ciel relativement bien dégagé. Il est 08.30, nous ne nous attardons pas longtemps au sommet car un léger vent glacial nous empêche de sortir le pique-nique. Nous commençons la longue descente sur Reckingen et rapidement nous retrouvons des zones de brouillard accroché au flanc sud qui nous obligent à skier prudemment. Dès l'altitude de 2700 m nous nous retrouvons sous ces nappes et pouvons profiter totalement de cette magnifique descente. Les dernières taches de neige sont utilisées pour rejoindre le chemin à l'altitude de 2020 m. Cette fois nous profitons de nous sustenter et d'admirer la nature qui se réveille suite à la fonte des neiges. Le sac chargé et la tenue allégée nous terminons à pieds la descente sur le village que nous atteignons aux alentours de 10.00 h bien content de n'avoir eu aucun incident durant ces trois jours de randonnée. Le retour en train sur Interlaken via Brigue, le nouveau tunnel du Lötschberg, Spiez nous permet aisément de récupérer la voiture et c'est sur une terrasse d'Interlaken que clôturons ce magnifique week end entre passionnés de ski d'altitude.